Sommaire

Si vous désirez vous lancer dans l'écriture et devenir un célèbre écrivain, suivez attentivement ces quelques conseils.

Tout d'abord, achetez un ordinateur portable, outil indispensable de l'écrivain tendance. Si vous ne disposez que d'un fixe, jetez-le aux encombrants. Disposez-le sur un bureau minable, de préférence dans une chambre de bonne minable, ce qui prouvera que vous avez « galéré » pour vous en sortir, ça fait toujours bien.

Ayez des problèmes de vue. En effet le port de lunettes apporte une touche cérébrale qui vous servira le moment venu. Regardez par-dessus les verres, votre crédibilité n'en sera qu'augmentée.

Disposez, sur votre bureau minable dans votre chambre minable, un mug rempli de café et un cendrier débordant de vieux mégots. Vous témoignerez ainsi de votre acharnement au travail, et de votre immense état de fatigue après dix heures d'écriture non stop. D'autre part vous nourrir de café et de cigarettes vous permettra de mourir plus vite. Chacun sait que l'espérance de vie des artistes, des vrais, ne dépasse pas trente-cinq années, et que l'on devient célèbre uniquement lorsqu'on ne peut plus en profiter.

Informez votre entourage de votre nouvelle lubie. Vous serez forcément encouragé par des gens qui ne liront jamais une ligne de votre manuscrit, mais qui vous diront que c'est bien. Cependant, mieux vaut que ni vos amis ni votre famille ne lisent réellement vos nouvelles. Ils pourraient se reconnaître dans certains personnages (pourtant inventés de toute pièce), et ne plus jamais vous adresser la parole ou vous déshériter.

Expliquez que votre objectif est de vous faire publier. Attendez-vous alors à être pris pour une bête curieuse ou pour un intellectuel foireux. Attendez-vous à de subtiles réflexions du type « Cool tu vas passer chez Ruquier », ce qui constitue forcément le but ultime de votre vie.

Une année plus tard, le temps de vous rendre compte que personne ne paierait pour lire vos banales mésaventures, créez un blog, et suppliez vous amis de faire exploser le nombre de visites. ;-)

Notre test de la semaine: Est-il toujours amoureux de vous?
Juste pour rafraîchir les pointes
Plateau-télé
Les neutres
Le scrabble du dimanche après-midi
Qu'est-ce que tu deviens?
Le déménagement
Il est où le petit nénez??
Mon dieu il est malade
La virée en boîte
Un esprit sain dans un corps sain
Réveil-matin






# Posté le mardi 02 décembre 2008 12:48
Modifié le dimanche 22 mars 2009 10:34

Et vous, le mariage, c'est pour quand ?

Et vous, le mariage, c’est pour quand ?
Et vous, le mariage, c'est pour quand ?



Comme toutes les petites filles, vous avez gobé sans sourciller les histoires de prince charmant, jeune, beau, courageux et attentionné, qui débarque avec son cheval blanc pour délivrer la pauvre princesse prisonnière de sa belle-mère. Plus tard vous avez constaté que la réalité est exactement l'inverse : la princesse se débrouille très bien, jusqu'au jour où elle tombe sur un prince pas forcément charmant, et devient alors prisonnière de sa belle-mère.

Comme toutes les petites filles, vous avez versé des larmes de bonheur en lisant la fin de Cendrillon : « Ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants ». Oui, c'était cela votre vision du bonheur, votre désir le plus cher : vous retrouver un jour devant l'autel en robe blanche, puis dans une clinique pour accoucher. Les années passant votre point de vue a légèrement changé. Le mariage, oui, mais pour les autres.


Il faut dire que les cérémonies auxquelles vous avez assisté ont broyé les dernières miettes qu'il restait de vos rêves d'enfant. Dans votre entourage on s'est marié pour différentes raisons. Pour les impôts : si on se marie avant le mois de mai ça coûte moins cher. Pour les parents : nous ça ne changera rien mais eux ça leur fait plaisir. Pour la robe : j'ai toujours rêvé de porter une robe blanche à trois milles euros que je ne mettrai qu'une fois. Pour la promesse de fidélité : comme ça il ne me trompera plus. Pour la grand-mère : je voulais qu'elle assiste à mon mariage de son vivant. Pour le voyage de noces : trois semaines à Tahiti payées par les invités, ça ne se refuse pas.

La dernière messe de mariage à laquelle vous avez assisté était aussi animée qu'un sinistre enterrement. Vous vous êtes levée, assise, relevée, rassise, deux heures durant, les pieds congelés par la température ambiante de l'église, écoutant la chorale du village piailler des chants que personne ne connaît. Puis vous avez entendu un curé délivrer des commandements de bonne conduite à un couple qui, bientôt, allait vivre selon la loi de l'Eglise et engendrer de nombreux enfants qui iront au catéchisme. Si le curé les avait connu un minimum, il aurait su que leur niveau de piété arrive à peine à la cuisse de celui de Clara Morgane.

Le vin d'honneur et la soirée ont été, fort heureusement, un peu plus ludiques. Après avoir descendu quatre ou cinq coupes de champagne (et quelques kilos de petits fours), vous avez décidé de partir en expédition pour découvrir à quelle table vous étiez placée. A une table de belles-mères et grand-tantes, noyée sous l'ombre de leurs chapeaux à plumes (et perles, tulle, fleurs, paillettes, rubans et autres accessoires) ? A la table du cousin que le marié déteste, et qui plombe toutes les soirées en décrivant les joies de son boulot de croque-mort ? A la table de la nièce aux gros nibards, à côté de qui Monica Bellucci paraîtrait androgyne ? Non, vous étiez placée à une table de « encore jeunes ». Cinq couples et, au bout, une assiette pour un invité célibataire qui espérait trouver son âme s½ur, à un autre bout de table, en ce jour de célébration de l'amour.

Lors du repas vous avez donc bu, pour oublier la conversation assommante de votre table, pour oublier la tentative de valse des mariés qui jouaient à se faire des croche-pieds, pour oublier la pièce montée ornée de petits mariés inexpressifs en plastique, pour oublier la grand-mère qui se déhanchait sur « la chenille qui redémarre ». Au-delà d'un certain taux d'alcoolémie, vous avez, vous aussi, commencé à remuer les fesses sur la chenille. Jusque six heures du matin.


Malheureusement vous commencez à avoir l'âge. Et en tant qu'aînée de la famille, vous avez le devoir de vous marier en premier. Si vous échouez à cette tâche, on vous prendra pour une rebelle anarchiste, une fille qui ne sait pas s'engager, ou encore mieux, une lesbienne refoulée. A chaque réunion de famille vous avez droit à la question « Et vous c'est pour quand ? ». Une réponse des plus banales, vagues et inexpressives, comme par exemple « Pour l'instant on n'y pense pas trop », ou encore « On verra dans quelques années », satisfait la curiosité de tous. Les fanatiques du mariage peuvent vous imaginer la bague au doigt dans une année maximum, les fervents opposants peuvent en déduire que vous repousserez éternellement l'échéance.

Effectivement, vous pensez plutôt repousser éternellement l'échéance. Aussi lorsque vous passez devant une vitrine de robes de mariées, vous ne tournez pas la tête (juste les yeux, discrètement). Lorsque vous regarder une mariée s'avancer laborieusement vers l'autel, agrippée au bras de son père, vous ne pleurez pas. Ou peut-être que vous reniflez, discrètement.
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# Posté le mardi 16 juin 2009 12:26
Modifié le mardi 16 juin 2009 12:42

Notre test de la semaine : Est-il toujours amoureux de vous ?

Notre test de la semaine : Est-il toujours amoureux de vous ?
Vous avez des doutes sur votre couple ? Vous ressentez le besoin de faire le point ? Vous vous emmerdez chez vous et n'avez que ça à foutre ? Alors répondez aux dix questions subtiles et pleines de bon sens de notre test élaboré par le psy de notre rédac', et vous obtiendrez la vérité absolue sur ses sentiments pour vous.


1/ En moyenne, il vous embrasse...
a. Dix fois par jour
b. Une fois par semaine, le dimanche
c. Une fois par an, lorsqu'il vous remercie pour son cadeau de Noël

2/ Le matin au réveil, il vous dit....
a. Bonjour mon amour, même sans maquillage tu es sublime
b. Tu peux faire le café ?
c. Oh la vache, qu'est-ce que tu pues de la gueule !

3/ La dernière rose que vous avez reçue, c'était :
a. Hier, juste comme ça
b. Pour la Saint Valentin, y'avait une promo
c. Quelques jours après votre rencontre, quand il mettait encore des chemises

4/ Au lit, il se montre...
a. Attentif, et il aime vous enlacer longuement après
b. Efficace, surtout pour lui
c. Il ne se montre plus, il dort dans le canapé

5/ La qualité qu'il préfère chez vous....
a. Votre classe en toute circonstance
b. Votre cuisson du steak saignant
c. Votre capacité à vous taire quand il vous le demande

6/ Le jour de votre anniversaire, il vous offre...
a. Rien, il a oublié. Un bijou le lendemain.
b. Rien, il a oublié. Un épilateur le lendemain.
c. Rien, il a oublié. Rien non plus le lendemain.

7/ Vous lui racontez votre mauvaise journée au boulot. Il vous écoute....
a. En vous regardant, puis verbalise ce qu'il ressent de votre souffrance, et vous prend dans ses bras
b. En ponctuant votre monologue de quelques « mmm »
c. En jouant à la Playstation

8/ Vous sortez dîner au restaurant
a. Il vous incite à choisir tout ce que vous voulez, et paie l'addition
b. Il vous demande d'un air soupçonneux si vous n'avez pas déjà mangé des frites la veille
c. Il drague la serveuse ouvertement

9/ Vous lui montrez la nouvelle robe que vous venez d'acheter
a. Il vous trouve très sexy et vous le fait savoir
b. Il vous rétorque que le bleu turquoise ne suit pas avec votre teint
c. Il marmonne que, sans les poils, ça irait mieux

10/ Vous abordez le sujet du mariage. Il vous répond...
a. Mon amour, veux-tu devenir ma femme ?
b. On verra, on n'est pas pressés
c. Rien, il finit d'avaler son hamburger







Résultats de notre test de la semaine (Est-il toujours amoureux de vous?):




Si vous avez un maximum de A :

Il est raide dingue de vous ! Il vous admire, intellectuellement comme physiquement, et il a bien raison, vous êtes formidable. Il serait prêt à tous les sacrifices pour vos beaux yeux. Son romantisme est admirable. Gardez-le, vous avez trouvé un perle rare ! S'il possède une grosse voiture, c'est encore mieux !
P.S : non valable si votre relation a moins de six mois ; vous êtes juste dans la phase d'idéalisation de l'être aimé.

Si vous avez un maximum de B :

L'amour est un jardin qu'il faut cultiver. Restez sur vos gardes, entretenez la flamme de la passion ! Jetez votre vieux pyjama et vos bigoudis ! Vous n'êtes pas assez sexy, pas assez féminine. Bref, s'il est moins amoureux de vous, il ne faut vous en prendre qu'à vous-même. Réagissez avant qu'il ne couche avec sa secrétaire (si ça n'est pas déjà fait).

Si vous avez un maximum de C :

Son indifférence à votre égard est flagrante. Visiblement il ne vous aime plus, vous êtes son bouche-trou, la cinquième roue de son carrosse, le dindon de sa farce. Ou alors c'est un grand sensible qui cache ses sentiments, à vous de voir. Dans tous les cas, vous avez gâché votre couple. Qu'avez-vous fait pour en arriver là ? Il ne vous reste plus qu'à vous séparer, ou à lire « Pourquoi les hommes ronflent et les femmes se mettent du vernis à ongles ». Désolés.
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# Posté le dimanche 22 mars 2009 10:29
Modifié le lundi 23 mars 2009 05:13

Juste pour rafraîchir les pointes

Depuis quelques jours vous vous énervez chaque matin devant le miroir. Vos cheveux ne ressemblent à rien. Comme indiqué sur votre bouteille de shampoing, ils sont fins, plats et à tendance grasse. C'est çà, l'effet pygmalion. Vous les lavez tous les jours, espérant que par miracle votre ange gardien vous enverra une chevelure de rêve, souple, brillante, objet de tous les fantasmes masculins (vous aussi, vous le valez bien, mais la vie est injuste). Puis vous les séchez la tête à l'envers, il paraît que ça donne du volume. Chez vous, le volume ne dure que quelques secondes, le temps que le sang redescende de votre tête et que l'étourdissement passager disparaisse.
Plus rien n'y fait, vous vous trouvez moche même de dos. La déprime vous guette : il est temps de prendre votre courage à deux mains et un rendez-vous chez le coiffeur.

Vous entrez donc dans un salon branché, déco carrément fun et musique lounge. Une fille d'une vingtaine d'année, rousse avec une mèche rose, coiffure courte et ébouriffée à l'avant, longue queue de rat derrière, vous prend votre manteau en faisant claquer une bulle de chewing-gum.
« Alors qu'est-ce qu'on fait ? »
Les coiffeurs vous parlent toujours à la troisième personne, cette coutume reste un mystère.
Vous vous lancez donc dans une explication tout à fait claire, lui montrant la tête d'un mannequin découpée dans un magazine. Sur cette photo c'est LA coiffure qu'il vous faut. Dans le miroir au-dessus de votre tête, vous observez la coiffeuse qui, soulevant la racine de vos cheveux et tirant sur les pointes, se met à grimacer d'un air gêné.
« Mmm... vous n'avez pas un cheveu facile.... Vous les lavez tous les combien ?»
D'abord, vous en avez plusieurs, des cheveux. Et puis vous lui demandez si elle se brosse les dents, elle ?
Elle continue à agiter votre cuir chevelu en vous expliquant, à renfort de grands gestes, que cette coupe ne conviendra à votre cheveu. Trop fin, il faut raccourcir un peu le dessus pour donner du volume. Trop plat, il faut effiler les pointes pour donner du mouvement. Votre visage est carré, il ne faut pas trop l'encadrer. Lassée, vous finissez par lui demander de juste rafraîchir un peu les pointes. Vous resterez à jamais avec votre tête banale, votre style banal, et vos cheveux plats, fins et à tendance grasse.

Au rythme de la musique, maintenant techno-house, la coiffeuse se déplace autour de vous, traînant péniblement son tabouret roulant à grands coups de reins. Et oui, les coiffeurs souples qui gesticulent en vous admirant, ça n'existe que dans les pubs Jean-Louis David.
Vous aviez demandé, comme à chaque fois, pas trop court. Pourtant il ne vous reste plus que dix centimètres de poils sur le ciboulot. Elle n'a pas lésiné sur le dégradé ni sur l'effilage, vous en aurez pour votre argent. Vous êtes paniquée, mais attendez de voir le résultat sur cheveux secs, ce sera sûrement mieux.
Vous êtes perdue au centre d'une chaise dix fois trop large, une horrible blouse sur le dos, un pince maintenant vos cheveux sur le côté gauche, un Closer dans les mains. Et c'est à cet instant précis que votre regard croise celui d'un passant dont vous auriez bien fait votre 4 heures. Enfin votre regard croise le sien, mais lui ne s'attarde pas trop, comme s'il avait aperçu un caniche, ou un panneau de signalisation.

Une vive brûlure vous entame soudain le crâne du côté droit. Vos pensées pour le beau gosse s'évaporent aussi vite qu'elles étaient apparues. La coiffeuse commence le brushing. Votre tête se penche à quarante-cinq degrés à chaque coup de brosse. Vos cheveux, comme par enchantement, prennent la forme exacte que la coiffeuse veut leur donner (et non pas que VOUS aimeriez leur donner, le brushing-bouclettes-vers-l'extérieur, style Sheila à ses débuts, ne vous va pas trop).

La coiffeuse, soudainement disparue, revient avec un miroir qu'elle plante derrière votre nuque.
« Alors ça vous plaaaaaaît ?? », vous demande-t-elle, excitée comme une puce à l'idée de vous dévoiler son ½uvre.
Vous êtes effondrée. Surmontant votre envie de pleurer, vous répondez, le sourire crispé, que c'est très bien et que ça change... Tu parles d'un changement ! Heureusement que vous aviez demandé de rafraîchir les pointes ! Votre voisine de droite, un sapin de Noël orné de papier d'aluminium, vous dévisage avec stupeur, se demandant si elle aussi, elle ressortira avec cette tête.

Après avoir déboursé une somme faramineuse, vous vous précipitez chez vous en jetant un coup d'½il dans chaque vitrine. Votre coiffure est vraiment horrible. Vous vous jetez donc sous la douche dès votre retour pour rattraper le coup, et refaites un brushing, que vous ratez. Mais, comme il vous dit le soir même, c'est pas grave, ça repousse. Lentement.

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# Posté le vendredi 13 février 2009 13:05
Modifié le dimanche 22 mars 2009 09:59

Plateau-télé

Plateau-télé
Enfin calée au fond du siège de sa voiture. Les réunions du mardi soir lui donnent toujours l'envie folle de démissionner : c'est en effet le seul jour de la semaine où elle croise son boss, un post-soixante-huitard désabusé aussi charismatique que Gaston Lagaffe.
Elle souffle un grand coup. C'est parti pour une demi-heure de bouchons, qu'elle déteste et apprécie à la fois. Juste le temps de repasser en mode vie privée. Ce soir, comme beaucoup d'autres, sa vie privée se résumera à plateau-télé/infos/météo/reportage alarmant sur la délinquance.

Saucisse-purée, ça ira. Le lait est en train de chauffer, ça lui laisse deux minutes pour jeter un ½il sur sa boîte mail. « Vous avez 0 nouveau(x) message(s) ».
Un pchchchch familier la sort de la torpeur dans laquelle une passionnante partie de solitaire l'a plongée. Le lait a débordé. Les saucisses ont explosé dans le micro-ondes et sont toutes desséchées, mais c'est mangeable.

Enfin calée au fond de son fauteuil.
« Madame Monsieur bonsoir. Les titres de ce journal : Irak, un kamikaze a fait explosé une bombe cet après-midi dans le quartier sud de Badgad, devant une école primaire. Les secours déplorent quinze morts et dix blessés graves ». Les saucisses sont dures à mâcher. « Vaste réseau de pédophilie démantelé en région parisienne. Une trentaine de personnes vient d'être mise en garde à vue. La police poursuit ses perquisitions ». La purée lui brûle la gorge. « Economie, le moral des ménages est en baisse ce mois-ci, moins 3% de consommation ». Elle n'a plus faim.

La présentatrice-météo s'est pris un coup de vieux, mais son sourire niais pour annoncer un temps pourri n'a pas bougé d'un poil.

Page de pubs. Crème glacée spécial-régime, barres chocolatées enrichies en vitamines, dentifrice spécial-blancheur, gel anti-cellulite, céréales spécial-minceur, des enfants meurent de faim en Afrique, viande de b½uf, crème anti-rides, fromage allégé, pour votre santé éviter de grignoter entre les repas, eau enrichies en minéraux spéciale-capital jeunesse, dons pour médecin sans frontières, chocolat noir fourré à la noix de pécan, assurance-vie, chips ultra-croustillantes, jus de fruit allégé en sucre et rempli d'aspartame, manger-bouger.fr.
Elle se lève péniblement pour aller se jeter sur les deux magnums au chocolat blanc qu'il reste dans le congélateur.

Un générique percutant, heureusement masqué par les scrounch-scrounch que ses mandibules font subir au magnum, se fait entendre. Un pseudo-journaliste lui annonce que les chiffres de la délinquance ont augmenté de 10% en cinq ans. Que son confort de vie diminue à vue d'½il. Que sa maison sera brûlée et saccagée par une bande de sauvages qui viennent piquer le travail des français alors que ces derniers n'en ont pas. Que sa poubelle sera incendiée le 31 décembre. Que ses enfants seront agressés à la sortie de l'école, ou pire, sombreront dans le trafic d'armes et de drogue. Le tout filmé en caméra cachée, sur fond d'images saccadées, de visages brouillés, de voix déformées, de flics blasés, de grands-mère paniquées.

Enfin calée sous la couette. C'est bon d'être dans son lit.
Le monde tourne mal. L'ennemi est partout. Dès demain elle passera à l'armurerie du coin pour se protéger avec une bombe lacrymogène. Même à Versailles on n'est plus en sécurité.
# Posté le mercredi 28 janvier 2009 14:46
Modifié le vendredi 13 février 2009 12:38